Ses écrits

 

Vous trouverez ci-dessous quelques extraits des pensées de notre fondatrice. Pour acheter ses publications, rendez-vous à notre librairie.

 

​"Qui pourrait exprimer ce que j'éprouve de bonheur et de joie ;

il me semble que je rêve, parfois je tressaille dans la crainte de m'éveiller. Mon âme a, il me semble, atteint des régions inconnues

et nage dans cette essence divine,

manifestée par la grâce miraculeuse qui vient de descendre sur elle !

Je ne puis ni prier, ni remercier, je n'ai qu'un sentiment, c'est l'amour ;

mais un amour sans nom, car il anéantit ce qui aime en moi

pour ne me montrer que le principe de mon amour.

Ma nature m'apparaît avec sa faiblesse, son néant, et je puis dire :

"Ce n'est plus moi qui vis en moi !"

Oh oui c'est bien le Christ qui pénètre mon âme de cette force divine,

Il est en moi, Il agit en moi,

il est donc vrai que je suis son disciple, son épouse !...

Mon Dieu, qu'il me soit fait selon votre parole !

Mon âme vous glorifie ; je suis votre servante,

je sais que vous abaissez les grands et élevez les petits !



La parole divine est comme une semence,

il faut la recevoir dans l’intime de l’âme

et la rendre féconde par la foi, la prière et la pratique des vertus."

___________________________________________________________________________________________________________________________________________

L'abandon

 

La voie la plus parfaite, c'est l'abandon en la très grande miséricorde de notre Sauveur ; nous oublions trop que ses mérites nous sont acquis et que ce ne sont pas nos propres actes qui nous sauvent, mais notre foi et notre confiance.

Abandon ! Abandon sans réserve, sans crainte, abandon sans retour sur soi-même ; ne pas penser si l’on est fort, si l’on est faible ; se laisser porter comme le petit Enfant-Jésus jusqu’aux pieds de Dieu pour dire : Seigneur me voici pour accomplir votre Volonté, pour être une hostie vivante, dévouée au salut de mes frères...



___________________________________________________________________________

L'adoration

 

Jésus ne veut pas adorer seul ; Il veut que nous adorions avec Lui ; Il veut qu’un avec Lui nous partagions sa sublime mission pour suppléer à l’oubli et à l’ingratitude de la plupart des hommes. Sans doute ses adorations pouvaient suffire à la gloire de Dieu sur la terre ; mais, aimant les hommes avec excès, le Seigneur veut qu’ayant été faits par le baptême ses enfants, les frères et les cohéritiers de son Fils bien-aimé, nous soyons élevés à cette prérogative d’adorateurs, même avant d’avoir été dépouillés de notre chair mortelle.

L’adoration est un acte d’amour : c’est le cœur qui adore, parce que c’est lui qui aime.
L’amour n’est ni dans les sens, ni dans la chair, ni dans l’imagination, mais dans le cœur. Le cœur nous a été donné pour établir des rapports parfaits entre Dieu et nous ; l’amour divin est le seul feu qui puisse s’élever vers Dieu, le seul qui puisse pénétrer jusqu’à l’intime du cœur de Dieu, le seul qui puisse plaire à Dieu, le seul enfin qui puisse l’adorer.

L’amour et l’humilité, voilà les deux bases de la vraie adoration ; il ne faut jamais les séparer. L’amour se trouve par les œuvres ; si nous aimons Notre-Seigneur, imitons ses vertus dans la Sainte Eucharistie, unissons-nous à Lui par l’adoration qui est l’acte du cœur par excellence, mais rappelons-nous que nous portons cet amour dans un vase fragile, que notre chair n’est pas pure, que par conséquent nous ne devons jamais quitter le sentiment de crainte respectueuse qui convient à la créature en présence de son Créateur. L’amour fort et sans bornes n’exclut pas dans un cœur le sentiment de sa bassesse personnelle ; réunis, ils constituent l’amour divin, l’acte d’adoration.​

 

___________________________________________________________________________



Amour et charité

 

« Je suis la Vigne et vous êtes les branches ; le commandement que je vous fais est de vous aimer les uns les autres. On reconnaîtra que vous êtes mes fidèles amies à l’amour que vous aurez les unes pour les autres. »
… Je sentais que le précepte d’aimer le prochain est pareil à celui d’aimer Dieu… J’avais besoin de répandre cet amour sur toutes les âmes ; en sauver, en sanctifier me semblait un besoin si grand que j’en éprouvais devant Notre-Seigneur des tenaillements inexprimables.
Quand on est un dans l’amour on ne craint pas d’être inutile ; on sent bien qu’on a, par l’amour, plus de puissance, plus de moyens pour aider ses frères qu’avec tous les trésors de la terre.
A mesure que nous aimons Dieu davantage, nous nous aimons plus parfaitement.
Dieu est amour ; si on resserre son cœur, Jésus a moins de place pour s’y loger.
Dieu est charité, Il ne demeure que dans le cœur rempli d’amour.
La miséricorde de Dieu est aussi grande que son amour. C’est un Père qui se réjouit de nos progrès, mais qui excuse nos faiblesses et nous relève avec bonté chaque fois que nous sommes tombés.
Lorsque la charité s’en va par une porte, le démon entre par une autre et dévaste la pauvre maison, vide d’amour… Dieu est Amour ; sans amour, pas de présence de Dieu. Ne dites jamais : je n’aime que Dieu, je n’aime plus les créatures. Le second commandement d’aimer ses frères est tout semblable au premier d’aimer Dieu. Comment aimeriez-vous Dieu que vous ne voyez pas, si vous n’aimez pas le prochain que vous voyez ?...
Pour sauver certaines âmes, il faut les aimer de l’amour sacrifié, patient, excessif, du Cœur même de Jésus ; c’est comme un combat, c’est comme une lutte qui s’établit entre Satan et nous ; Dieu nous donne sa cause en mains, si nous sommes généreux, si nous aimons cette âme uniquement à cause du prix du Sang de Jésus-Christ, alors nous obtenons la victoire, elle nous rend les armes, et nous, nous la donnons à Dieu ; mais il faut vouloir souffrir pour elle et par elle… Lisez dans notre sainte Mère Thérèse ce beau chapitre de l’amour des âmes, de cette amitié surnaturelle qui a la passion de la sanctification des âmes ; je n’ai rien lu de plus beau et de plus vrai.
La charité ne pénètre pas les choses obscures dans l’âme du prochain, mais s’efforce de tout juger favorablement. Charité, fin et moyen, voilà la planche de salut si l’orage gronde, la vraie lumière si le temps est noir, la chaleur vivifiante si le froid se fait sentir.
Rien, rien ne tarit plus la charité que l’esprit de critique et d’ironie ; quand je craignais encore les hommes, j’aurais plutôt fui une personne moqueuse qu’une personne méchante : les méchants, on s’en défend, on pressent leurs coups, on les pare ; mais une âme moqueuse est inattendue dans les traits qu’elle lance, elle blesse l’intime du cœur au moment même où ce cœur se disposait à aimer l’âme malheureuse qui l’attaque.
Bienheureux les pacifiques, ne jugez pas et vous ne serez pas jugé ; faites miséricorde et il vous sera fait miséricorde… Dieu se servira de la balance que vous aurez employée pour votre prochain ; mais pour accomplir ce grand précepte d’amour, soyez humble, voyez-vous : pas d’humilité, pas de charité… Mais aidez-vous de la foi, pensez toujours que si vous aimez votre Sauveur, vous devez aimer ceux qu’Il est venu sauver.
J’ai confiance, mais confiance dans le temps, la patience et l’humilité vraie qui trouve tout simple que le vigneron émonde sa vigne pour lui faire porter de vrais fruits. J’ai confiance dans la persévérance de foi qui ne craint pas de traverser un long chemin obscur et froid pour trouver la lumière pure, au lieu de se hâter de faire brûler les clartés éphémères de l’illusion et de la vanité…


________________________________________________________________

L'eucharistie​

 

On cherche la vie partout ; on interroge la science, on lit des livres volumineux, on s'adresse à l'expérience, on observe, on réfléchit, on considère la créature dans l'ordre physique et moral, tout cela en quête de vie. Et le principe de Vie est là, il est à nous, et nous le dédaignons pour aller boire à tous ces ruisseaux qui ne peuvent étancher notre soif… Cela vient de ce que les yeux de notre âme et tous nos sens sont fermés et ne savent plus distinguer ces gouttes de vie qui tombent dans le cœur en contemplant la Sainte Eucharistie.

La communion fréquente est la nourriture par excellence de votre âme ; autant que vous le pouvez, mangez ce Pain de vie. Que la crainte de votre faiblesse ne vous arrête jamais ; quand on est en langueur, on a besoin de se fortifier. Le sang de votre Sauveur qui coulera dans vos veines vous donnera cette énergie nécessaire pour soutenir les combats intérieurs et extérieurs que vous aurez à soutenir.

En Jésus seul se trouve l'eau vive et pure : la science, la raison, la vertu même sont des routes qui conduisent à la source ; mais il faut se plonger dans la vie même de Jésus pour être purifié, désaltéré. C'est pourquoi Jésus a mis sa Vie tout à notre portée. Ce n'est pas au figuré qu'Il a dit : "Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive." Mais c'est en réalité qu'on peut approcher et boire tout son Sang, et si mon âme remplie de foi s'est enivrée de ce divin breuvage, elle devient elle-même un fleuve dans lequel coule l'eau vive de la grâce. "Ceux qui croient en moi, dit Jésus, ont dans leur sein des fleuves d'eau vive qui coule toujours."

Sans me détruire, il imprime en moi son existence, non en image mais vivante, mais réelle ; des chaînes de feu et de lumières sortent visibles de ce point qui résume et contient ma foi, ma vie, mon éternité ; et jetées par la main de Dieu, elles aboutissent à mon cœur comme une ancre lancée sur un port ! Et doucement, mais fortement, la distance qui me sépare disparaît, et l’hostie et mon cœur sont un, et je sais des choses que les bienheureux seuls apprennent au Ciel ; et je puis sur terre ce que les Saints ont pu. Et sans perdre de vue l’ostensoir de terre qui contient cette hostie inventée par la miséricorde, je sens en moi la béatitude, la gloire et la puissance de l’humanité de mon divin Sauveur ; j’admire sa vertu et en comprends l’efficacité ; j’adore les moyens et le but de son Incarnation et de sa Rédemption ; je l’identifie à ces mystères. Les sentant se renouveler en moi, je m’abandonne à toutes les opérations que le Verbe fait chair produit sur l’humanité ; je me laisse unir à Dieu ; je me laisse sacrifier à Dieu ; j’accepte le Thabor et le Calvaire ; je me livre à la purification des anéantissements de l’obéissance jusqu’à la mort de la Croix ; j’aspire et je veux les gloires, les joies de la Résurrection !

Le Sang de Jésus lave, Il fortifie aussi. Peut-être arrivera-t-il qu’à force de boire à la source divine, je serai revêtue de la force du Sauveur ; je pourrai le servir humblement, mais sûrement. Peut-être viendra-t-il le temps où Jésus vivra si véritablement en moi, que sa grâce purifiera à tout moment les pensées, les sentiments, les paroles, les démarches de sa pauvre servante. Ce qu’il faut, c’est la foi que cela peut être, c’est la conviction que cela sera ; c’est la perte absolue de soi dans la divine charité ! Aimez, et faites ce que vous voudrez !



​___________________________________________________________________________

L'incarnation



Dieu invisible, un en trois Personnes, en prenant un corps ne renonce à aucun des attributs ni à aucune des prérogatives de sa Divinité. Il reste Créateur en se faisant Sauveur ; Il est tout-puissant dans son obéissance ; Il est infini dans sa petitesse ; Il est juste quoique miséricordieux à l’excès ; Il demeure impassible en se livrant aux douleurs. Il est toujours Dieu, et pour que les hommes ne cessent pas de s’abaisser devant ses abaissements, son premier acte, en descendant sur la terre, a été de se faire adorer par la création tout entière … Oh ! quel spectacle ravissant et sublime ! … L’Homme-Dieu sort de son tabernacle vivant. Il quitte le sein virginal et immaculé de Marie, et aussitôt la Cour céleste descend et adore l’Eternel sous une enveloppe mortelle. Puis, s’élevant dans les airs, les Anges chantent la gloire de Celui qui a choisi sa demeure dans une étable ! Oui, sa gloire est telle qu’un trône ne saurait la relever, et que le fumier ne peut la salir. Créateur de l’univers, Il ne dédaigne aucun de ses ouvrages et Il regarde avec amour sa création tout entière. Et comme Il n’est venu que pour confondre l’orgueil, source de la dégradation humaine, il semble qu’Il ait voulu donner sa première bénédiction aux plus petites de ses créatures. Les premiers êtres vivants qui l’entourent sont les animaux dont Il partage la demeure. Mais les messagers de Dieu le Père appellent les adorateurs en esprit et en vérité, des adorateurs intelligents et capables de comprendre leur privilège et de se prosterner aux pieds du Sauveur d’Israël. Quels sont les cœurs qui entendent les premiers l’appel divin ? …
L’Humanité, dans son état social, est divisée en deux parts : les grands et les petits, les savants et les ignorants. Dieu veut manifester la grandeur cachée de son Fils à tous les hommes : les grands comme les petits adoreront ; mais les complaisances divines regarderont d’abord ceux qui sont le plus conformes à l’état de vie que le Sauveur doit avoir tant qu’Il restera sur la terre, et les premiers attirés à la Crèche du pauvre enfant de l’humble ouvrier, ce sont de pauvres bergers.

 

… Des hommes simples, ignorants, voilà la primitive Cour du Roi Jésus ! …

 

« Venite adoremus. » Venez, vous tous qui souffrez , qui êtes chargés ; un Sauveur vous est né, un Sauveur qui est assez grand, assez fort, assez généreux pour porter les iniquités des grands et des petits. Venez adorer l’Enfant à Bethléem, car Il est votre Roi, votre Sauveur et votre Dieu à tous … Gloria in excelsis Deo ! …

 

Mais pour adorer le Dieu de la Crèche suffit-il de se prosterner et d’adorer ? l’Evangile dit que les premiers adorateurs de la divine Humanité, apportèrent tous des présents. L’homme doit donner à Dieu ce qu’il en a reçu ; il doit aussi rendre ce que le péché a dérobé… Les bergers ont peu, ils donnent tout ce qu’ils ont ; les rois ont beaucoup, ils donnent une partie de leurs biens ; les sages et les savants donnent l’encens de leurs prières, d’autant plus humbles et pleines d’amour qu’ayant plus de lumières, ils pénètrent plus loin dans les divins mystères ; mais comme hommes, comme gentils, tous reconnaissent qu’ils sont coupables et pécheurs, ils offrent la myrrhe trempée des larmes de la pénitence. Les adorateurs de Jésus ont donc apporté à la crèche, l’humilité, le dévouement, le désintéressement, la prière, la pénitence et l’amour. Et les Anges, voyant les hommes de bonne volonté adorer Jésus dans ces dispositions parfaites, ont déclaré que la gloire de Dieu était réparée et que la paix descendait sur la terre. L’adoration véritable est une réparation parfaite. L’adoration des hommes sur la terre est une manifestation de Dieu parmi les hommes.



 

___________________________________________________________________________

L'humilité

La pluie c'est l'humilité ; le soleil, c'est la charité. Que l'humilité vous pénètre entièrement… Que vos pensées, vos sentiments, vos actes, vos intentions surtout (ce sont les racines), soient humbles. Mais quand on a la pluie, il faut aussi le soleil !... Cette chère humilité, malgré tous ses mérites, serait un peu triste ; se tenir toujours au fond de son abîme accablerait, moisirait l'âme ; les fleurs qui sont toujours à l'humidité et à l'ombre sont d'une triste couleur et les fruits qu'elles produisent n'ont guère de saveur. Il faut le soleil pour sécher la pluie, il faut la charité pour raviver l'humilité. Ainsi il sera d'une véritable réparatrice ; cette existence cachée, séparée, inutile en apparence, elle étonnerait et éloignerait sans la charité ; il faut que tous ces actes de sacrifice, d'abaissement soient pénétrés du divin Amour. Il faut que toutes ces petites choses qui composent l'humble vie de Nazareth deviennent une monnaie qui donne gloire à Dieu en rachetant les pécheurs.

Travaillons à faire vivre la douceur divine dans notre cœur ; prions chaque matin, en nous éveillant, disons : Jésus infiniment tout, donnez-moi votre douceur, mais votre douceur intérieure surtout, car je veux être bonne, indulgente, prendre tout ce qu'on me dira du bon côté. Toujours croire que les autres ont une bonne intention, toujours aimer à céder ma volonté, mon sentiment.

Rendez mon cœur semblable au vôtre, afin que la douceur divine vive en moi et que je la communique à tous ceux qui me parleront, qui me verront, à tous ceux pour qui je prierai.

Je m'abandonne à votre Cœur surabondant de douceur ; je m'y endors comme un enfant sur le sein de sa mère. Qu'à mon réveil je puisse dire moi aussi : Je suis douce et humble dans le Cœur de mon Sauveur !



___________________________________________________________________________

La patience

 

Jésus est patient parce qu'Il est éternel. Il sait que le lendemain lui appartient, Il peut attendre. Nous ne sommes pas patients parce que nous sommes faibles, bornés, pauvres ; nous ne saurions être patients si Jésus, impassible et immuable, ne vit en nous. Il nous faut sa force pour soutenir notre faiblesse, et nous ne pourrions communiquer la vie de Jésus sans la patience.

Patience d'abord avec nous-mêmes : les dépits d'amour-propre, les empressements dans le travail de la perfection nous font perdre la paix, et comme Jésus est un Dieu de paix, sa vie en nous se dessèche devant nos impatiences, nos découragements, nos irritations, comme l'eau devant le feu.

Patience avec les autres si nous voulons donner ce que nous avons reçu de la grâce gratuite de Dieu. Pour enseigner, patience ; Dieu prend du temps pour développer tous les êtres. Pour persuader, patience. Les obscurités du péché originel sont souvent prolongées par Dieu lui-même, et il faut subir les imperfections involontaires du prochain comme permises par la divine Providence. Pour pardonner, patience sans réserve ; septante fois sept fois n'est pas assez peut-être, toujours est la seule mesure de notre indulgence.

Mais patience aussi dans les tribulations, dans les maladies, dans les épreuves ; l'exemple de la patience est une prédication de foi et d'amour qui convertit plus d'âmes que les sermons.



​___________________________________________________________________________

La vocation​

 

Qu’est-ce donc qu’une vocation ? C’est trois choses : c’est d'abord un but, une fin vers laquelle on tend, le but de chaque pas que nous faisons ; et notre but à nous, c’est d’exprimer en nous l’hostie divine en vivant d’Elle, en nous en nourrissant toujours à la Communion, à l’oraison ; en vivant d’Elle à l’état de communion perpétuelle.

En second lieu, la vocation est le chemin par lequel on va au but. De là, pour chaque famille religieuse (car chacune a sa vocation), la nécessité d’avoir ses Constitutions et ses observances.

En troisième lieu, la vocation c’est la certitude immuable, inébranlable et du but et du chemin, qui fait que jamais, à aucun moment de notre vie, l’œil fixé sur la perspective qui nous a été révélée, le pied posé dans l’étroit sentier qui y conduit, notre âme ne flotte ni n’hésite, mais marche toujours en avant, en voyant de loin, à travers tous les nuages et toutes les poussières, cette montagne sacrée que l’humanité gravit, et où son terme qui est Dieu l’attend, pour la couronner, l’asseoir à jamais. Voilà la vocation.

Vivre cachée en Dieu avec Jésus, c'est ne vouloir plus penser, sentir, parler, agir que par la vie de Jésus dans le sanctuaire du cœur qui, par la Communion, devient un ostensoir, un temple ! Se cacher en Dieu, c'est s'envelopper des vertus d'obéissance, d'humilité, et surtout de charité ; car la vraie charité ne fait pas seulement que cacher le fond hideux de notre nature, elle le fait mourir, le détruit. Dieu est charité : se cacher en Lui, c'est aimer, se dévouer, s'oublier soi-même.



 

​___________________________________________________________________________

Marie et Joseph

 

En contemplant Marie on ne peut, pour saisir les traits de sa beauté, se servir du raisonnement, encore moins de l'imagination. Il faut fixer son cœur en Elle et comme dans une eau très pure se reposer, s'éclairer dans l'image du divin Soleil de Justice et de ses plus belles œuvres qui s'y trouvent déposées avec une teinte si harmonieuse et si bien appropriée  aux désirs de notre âme, que souvent l'Oraison faite par ce regard simple et passif attaché sur Marie, nous instruit mieux des divines vérités que ne le feraient les lectures les plus savantes et les méditations les plus élevées.

 

Le Cœur de Marie, c'est le réservoir divin où l'âme doit puiser la vie du Christ et de ses œuvres !... De ce cœur est sorti le Verbe fait chair, c'est le sanctuaire où s'est accompli le mystère du salut de l'homme, c'est là qu'il faut entrer pour apprendre à faire les œuvres divines. Marie est la porte du Ciel, par Elle vous entrerez ; Elle est l'étoile de la mer, par Elle vous serez guidée ; Elle est la Reine Immaculée qui vous conduira au Roi d'amour et de miséricorde.

La Vierge est une aurore qui précède, qui porte et qui donne le Soleil au monde. Dieu la comble de grâces et de bénédictions dès sa Conception. Il la garde, Il l'environne de sa Puissance, Il l'anime de son Esprit, Il l'éclaire de ses lumières, Il l'embrase de ses ardeurs.

Marie, ma Mère, vous êtes heureuse parce que vous avez cru ; ouvrez mon cœur comme le vôtre s’est ouvert au grand mystère de l’Incarnation. Que par ma confiance, je mérite comme vous d’être mère selon l’opération du Saint-Esprit. Il faut aussi que le Très-Haut me couvre de son ombre, que je conçoive une famille nouvelle, pour adorer l’Emmanuel que votre immaculée pureté pouvait seule enfanter … Mère bénie entre toutes les femmes, bénissez-moi entre toutes les Mères, puisque les enfants qui naîtront de moi adoreront le Fils que vous avez donné à la terre pour être exposé à la vue des peuples et éclairer et réchauffer la foi des nations.

Saint Joseph, notre Père, donnez-nous un grand amour pour le saint nom de Jésus ; faites que nous le prononcions avec le respect qui pénétrait votre coeur chaque fois que vous nommiez votre Fils. Que ce Nom soit notre force dans les tentations, notre consolation dans les peines, notre béatitude dans la douleur. Et vous, Marie, apprenez-nous ce que nous devons à ceux que Dieu nous donne pour Maîtres et pour guides dans ce chemin si difficile de l’exil ; que Vous imitant dans l’humble obéissance que vous avez eue pour Saint Joseph, nous méritions de faire véritablement partie de la sainte famille de Nazareth.